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Alors que l’OMC essaie de sauver les meubles, plus de 100 organisations du monde entier exigent l’arrêt des négociations actuelles et l’enterrement du cycle de négociations entamé à Doha, le mal-nommé cycle du développement. Ce dernier a atteint des objectifs contraires à ceux affichés puisque, selon plusieurs rapports récents, la pauvreté a augmenté au niveau mondial et l’aide au développement s’est avérée quasi-nulle.
En Suisse, attac suisse et plusieurs ONG dénoncent l’attitude extrèmement agressive de la délégation suisse, qui demande un démantèlement des réglementations intérieures des pays membres de l’OMC, sans concertation aucune et au mépris même des lois et réglementations suisses !
Genève, le 29 juin 2006
C’est aujourd’hui que les ministres de l’économie et du commerce de pays riches vont se rencontrer à Genève pour une Réunion "mini-ministérielle" de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Ils vont essayer d’obtenir un Accord de dernière minute pour sauver des négociations en mauvais état.
Une centaine d’organisation[1] (dont attac suisse) ont envoyé un courrier aux négociateurs et ministres pour exiger un arrêt des négociations, et un changement en profondeur de leurs politiques en matière de commerce. Le cycle actuel de négociations s’avère en effet ne profiter qu’aux multinationales des pays les plus riches, et non aux populations du Nord comme du Sud. De plus les pseudo-efforts en faveur du développement qui auraient dû l’accompagner sont une hypocrisie : une série de rapports récents[2] montrent que les pays en voie de développement n’ont quasiment rien obtenu.
Dans le domaine agricole, au lieu de proposer le développement de la souveraineté et de la sécurité alimentaire, les négociations s’engagent toujours vers plus d’industrialisation et se tournent vers l’agro-industrie, au détriment de milliards de petits payansdans le monde entier, et au malgré les risques potentiels d’une telle approche pour la santé humaine.
Dans le domaine des services, on s’oriente vers toujours plus de libéralisation des secteurs de services publics vitaux pour l’ensemble des citoyen-ne-s (éducation, eau, santé, transports, énergie...). Pourtant on a vu les conséquences catastrophiques que ces libéralisations-privatisations aveugles peuvent avoir, et ce en particulier dans de nombreux pays d’Afrique, et d’Amérique latine, où l’accés à des services élémentaires comme le transport ou l’éducation n’est plus assurés.
La Suisse n’est pas en reste dans l’agressivité libérale, puisqu’elle a fait récemment, dans le but d’accélérer les négociations, une proposition extrèmement destructrice pour l’ensemble des législations nationales des pays membres de l’OMC. La Suisse propose de supprimer toute réglementation intérieure qui ne se justifierait pas de manière impérieuse aux yeux d’un panel d’experts nommés par l’OMC[3], et échappant à tout contrôle démocratique.
[1]Voir la lettre ci-jointe, co-signée et envoyée par attac suisse aux négociateurs et autorités suisses]
[2]Plusieurs rapports explosifs sur les conséquences potentielles du Cycle de Doha ont été publiés par la Banque mondiale, les Nations unies et diverses organisations, parmi eux on citera :
“Agricultural Trade Reform and the Doha Development Agenda”, Kym Anderson and Will Martin et. al. World Bank Report, Nov.1, 2005
“Winners and Losers : Impact of the Doha Round on Developing Countries”, Sandra Polaski, Carnegie Endowment for International Peace, Washington DC, 2006
“Global Overview Trade Sustainability Assessment of the Doha Development Agenda” from the EU, final draft report
“The WTO’s Empty Hong Kong Development Package : How the WTO’s 97% Duty Free Proposal could leave poor Countries worse off”, Action Aid International and Public Citizen
[3]Lire le 2e numéro de la GATS-ETTE éditée par attac suisse, sur http://suisse.attac.org

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